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Expulsion locative — étapes et recours du locataire

Par Alexandre Quinche · Mise à jour le 15 juin 2026

Détails
Public
adulte-25-plus, parent-isole, personne-handicapee, jeune-18-25
Durée
6 mois à 2 ans
Périmètre
Île-de-France
Mis à jour
15/06/2026

De quoi parle-t-on ?

L'expulsion locative est une procédure judiciaire engagée par un bailleur pour mettre fin au bail et obtenir le départ d'un locataire (le plus souvent pour impayés de loyer, parfois pour trouble de jouissance ou fin de bail contestée). Elle suit 5 étapes sur plusieurs mois — pas d'expulsion immédiate possible en France, même si tu dois plusieurs mois de loyer.

Tu n'es jamais expulsé du jour au lendemain par le bailleur ou son huissier. Toute expulsion exige :

  1. Un titre exécutoire (jugement définitif du juge des contentieux de la protection)
  2. Un commandement de quitter les lieux signifié par commissaire de justice (ex-huissier)
  3. Un délai de 2 mois minimum après ce commandement
  4. Hors trêve hivernale (1er novembre - 31 mars)
  5. L'autorisation du préfet pour la réquisition de la force publique (gendarmerie/police)

Tu as des recours à chaque étape — et chaque démarche que tu fais (paiement partiel, demande de délais, dépôt FSL, DALO menacé d'expulsion) ralentit la procédure et augmente tes chances d'obtenir un arrangement.

Quelles sont les étapes pour la procédure d'expulsion locative ?

  1. Commandement de payer (étape 1, semaine 0) : un t'est délivré par un commissaire de justice à la demande du bailleur. Il liste la dette précise (loyers + charges + frais) et te donne 6 semaines pour régulariser. Garde l'acte précieusement — c'est le déclencheur de la procédure.
  2. Tentative de régularisation (semaines 1 à 6) : c'est la fenêtre la plus efficace pour bloquer la procédure. Paie partiellement si tu peux + sollicite immédiatement une pour monter un dossier FSL — demander une aide pour le logement. La CAF peut aussi être saisie si tu touches l' (mise en place plan d'apurement). Si tu réponds au commandement, la procédure est suspendue.
  3. Assignation devant le JCP (semaines 6 à 12) : si la dette persiste après les 6 semaines, le bailleur saisit le du tribunal judiciaire. Tu reçois une assignation te convoquant à une audience qui aura lieu au moins 6 semaines après réception. Ne manque pas l'audience — tu peux aussi y demander des délais et expliquer ta situation. L'aide juridictionnelle est gratuite si tes ressources sont sous plafond.
  4. Jugement (variable, 1 à 6 mois) : le juge peut accorder des délais de paiement (article L613-1 du Code de la construction — échéancier jusqu'à 3 ans maximum) OU prononcer la résiliation du bail + ta condamnation au paiement de la dette + autorisation d'expulsion. Si délais accordés : tu paies selon l'échéancier, l'expulsion n'est pas exécutée tant que tu respectes les versements.
  5. Commandement de quitter les lieux (post-jugement défavorable) : si le bail est résilié, le commissaire de justice te délivre un commandement de quitter les lieux. Tu as 2 mois pour partir. Tu peux encore saisir le juge de l'exécution pour demander un délai supplémentaire (jusqu'à 1 an, article L412-3 et L412-4 CPCE).
  6. Réquisition de la force publique (étape 5, variable) : passé les 2 mois et hors trêve hivernale, le commissaire de justice demande au préfet l'intervention de la force publique pour l'expulsion effective. Le préfet peut refuser (charge alors à indemniser le bailleur), notamment si tu n'as pas de relogement et que ta situation est précaire.

La du 1er novembre au 31 mars suspend l'exécution effective de l'expulsion (étapes 5 et 6). La procédure devant le juge peut continuer pendant la trêve, mais l'expulsion physique est gelée — sauf cas d'exceptions (squatteurs, relogement adapté proposé, immeuble dangereux par arrêté de péril).

Quels documents préparer pour la procédure d'expulsion locative ?

  • Commandement de payer original (date de réception = point de départ des 6 semaines)
  • Bail signé + avenants éventuels
  • Justificatifs de paiement des loyers réglés (relevés bancaires, quittances)
  • Décompte du bailleur ou de son représentant (cohérence avec ce qui est réclamé)
  • Pièce d'identité + justificatif de domicile actuel
  • Justificatifs de ressources : 3 derniers bulletins de salaire, allocations CAF/MSA, attestations Pôle emploi
  • Justificatifs des dépenses contraintes (charges fixes, pension alimentaire, dettes en cours)
  • Avis d'imposition ou ASDIR de l'année N-1
  • Composition familiale : livret de famille, jugement de garde si parent isolé
  • Tout document attestant ta vulnérabilité : certificat médical (maladie, handicap), notification AAH/RSA, attestation MDPH, attestation de violences conjugales
  • Numéro unique d'enregistrement si tu as une demande de logement social en cours (utile pour le DALO menacé d'expulsion)

Demande l'aide juridictionnelle dès l'assignation (formulaire en ligne sur justice.gouv.fr/aide-juridictionnelleaide juridictionnelle) si tes ressources sont sous plafond. Un avocat peut alors te représenter gratuitement.

Quels sont les délais pour la procédure d'expulsion locative ?

  • Délai du commandement de payer pour régulariser : 6 semaines
  • Délai entre assignation et audience : au moins 6 semaines
  • Délai de jugement par le JCP : variable, 1 à 6 mois selon le tribunal
  • Délai du commandement de quitter les lieux : 2 mois pour partir
  • Délai pour saisir le juge de l'exécution : avant l'expulsion (mieux dès le commandement)
  • Délai d'intervention force publique après réquisition : variable (préfet peut différer)
  • Trêve hivernale : 1er novembre au 31 mars — exécution gelée
  • Durée totale moyenne entre 1er impayé et expulsion effective : 9 à 24 mois (souvent plus en zone tendue)
  • Échéancier maximum par le juge (L613-1) : 3 ans
  • Sursis exécution par juge de l'exécution (L412-3 CPCE) : jusqu'à 1 an

Que faire en cas de refus pour la procédure d'expulsion locative ?

Le « refus » à ce stade signifie : la procédure suit son cours malgré tes démarches, ou ta demande de délais a été rejetée. À chaque étape, agis — l'inaction est ton plus grand risque. Recours possibles selon le stade :

  • Dès le commandement de payer (étape 1) : prendre rendez-vous immédiatement avec une du ou des services sociaux du département. Dossier FSL — demander une aide pour le logement en urgence pour solder ou réduire la dette. Si APL en place, contacter la pour signaler les impayés — le versement APL peut être maintenu en cas de plan d'apurement validé.
  • Dès l'assignation (étape 2) : déposer un recours DALO menacé d'expulsion auprès de la de ta préfecture — cf DALO — recours pour obtenir un logement social (catégorie d'éligibilité reconnue). Demander l'aide juridictionnelle pour être assisté par un avocat à l'audience.
  • Pendant l'audience (étape 3) : demander directement au juge des délais de paiement (article L613-1 CCH) — échéancier jusqu'à 3 ans. Présenter les démarches engagées (FSL en cours, DALO déposé) et tout justificatif de vulnérabilité (maladie, handicap, ressources effondrées).
  • Après le commandement de quitter les lieux (étape 4) : saisir le juge de l'exécution pour un sursis à exécution (article L412-3 CPCE) — jusqu'à 1 an supplémentaire si ta situation est précaire. Demander une CCAPEX (commission départementale de coordination des actions de prévention des expulsions) à ta préfecture pour coordonner les aides.
  • Dossier de surendettement : si tes dettes sont multiples et que tu es de bonne foi, dépose un dossier auprès de la Banque de France (formulaire en ligne sur banque-france.fr/surendettementBanque de France — surendettement). Le dépôt gèle automatiquement les procédures d'expulsion en cours.
  • Avant la réquisition de la force publique (étape 5) : écrire au préfet pour expliquer ta situation et l'absence de relogement. Le préfet peut différer la réquisition (charge à indemniser le bailleur) si tu es vulnérable et sans solution.
  • Numéro vert SOS Loyers Impayés :

Si tu obtiens un avis favorable DALO pendant la procédure, le préfet est tenu de te proposer un logement adapté — l'expulsion peut être levée si le relogement est effectif. Si tu es sans solution malgré tout, le DAHO (hébergement temporaire) peut être proposé en parallèle. Voir DALO — recours pour obtenir un logement social.

Cas particulier : violences conjugales. Si tu es victime, signale-le au juge à l'audience — tu peux bénéficier du maintien dans les lieux ou d'un relogement prioritaire. Numéro 3919 (24h/24) pour orientation immédiate.

Contacter les organismes

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