Accident du travail — déclaration, soins à 100 % et indemnités
Par Alexandre Quinche · Mise à jour le 19 juin 2026
- Public
- adulte-25-plus, jeune-18-25, parent-isole, personne-handicapee
- Durée
- Déclaration à l'employeur sous 24 h ; décision de la CPAM sous 30 jours (AT)
- Périmètre
- Île-de-France
- Mis à jour
- 19/06/2026
De quoi parle-t-on ?
Un accident du travail (AT) est un accident soudain survenu par le fait ou à l'occasion du travail. L'accident de trajet (domicile-travail) est assimilé. Une maladie professionnelle (MP) est une maladie causée par le travail, reconnue via les tableaux officiels de maladies professionnelles (ou, hors tableau, par un comité régional — le CRRMP).
Une prise en charge plus avantageuse que la maladie « ordinaire » :
- soins à 100 % du tarif de la Sécurité sociale, sans avance de frais : tu présentes la feuille d'accident remise par l'employeur (tiers payant intégral) ;
- indemnités journalières majorées et sans délai de carence : indemnisées dès le 1er jour d'arrêt (à la différence de l'arrêt maladie, qui a 3 jours de carence) ;
- aucune condition d'ancienneté ou de cotisation minimale n'est exigée pour les IJ AT ;
- en cas de séquelles, une indemnité en capital ou une rente vient compenser l'.
La présomption d'imputabilité : un accident survenu au temps et au lieu de travail est présumé d'origine professionnelle — c'est à l'employeur ou à la CPAM de prouver le contraire.
Quelles sont les étapes pour la prise en charge d'un accident du travail ?
- Informer ton employeur sous 24 heures : signale l'accident (lieu, circonstances, témoins), de préférence par écrit.
- Consulter un médecin : il établit le certificat médical initial décrivant les lésions et, si besoin, prescrit un arrêt de travail.
- Recevoir la feuille d'accident : ton employeur te remet le formulaire « feuille d'accident du travail » (S6201), qui te dispense d'avance de frais.
- Déclaration de l'employeur : il déclare l'accident à la CPAM dans les 48 heures (il peut émettre des réserves motivées).
- Instruction par la CPAM : elle dispose en principe de 30 jours pour reconnaître (ou non) le caractère professionnel ; en cas d'examen complémentaire, ce délai peut être prolongé.
- Indemnisation : soins à 100 %, versement des IJ majorées pendant l'arrêt ; à la consolidation, évaluation d'une éventuelle incapacité permanente.
Quels documents préparer pour la prise en charge d'un accident du travail ?
- le certificat médical initial (puis de prolongation et final) établi par le médecin
- la feuille d'accident du travail (S6201) remise par l'employeur
- la déclaration d'accident du travail faite par l'employeur (ou ta propre déclaration en cas de carence de sa part)
- tes bulletins de salaire récents (calcul des indemnités journalières)
- pour une maladie professionnelle : le certificat médical + le formulaire de déclaration de MP à adresser toi-même à la CPAM
Quels sont les délais pour la prise en charge d'un accident du travail ?
- Information de l'employeur : sous 24 heures
- Déclaration de l'employeur à la CPAM : sous 48 heures
- Décision de la CPAM (AT) : en principe 30 jours (prolongeable en cas d'instruction)
- Indemnités journalières : dès le 1er jour, 60 % du salaire journalier jusqu'au 28e jour, puis 80 % à partir du 29e jour (max 240,49 € puis 320,66 € par jour en 2026)
- Maladie professionnelle : déclaration par le salarié dans un délai de 15 jours après la cessation du travail ; instruction de la CPAM jusqu'à 120 jours
Que faire en cas de refus pour la prise en charge d'un accident du travail ?
La CPAM refuse le caractère professionnel :
- demande les motifs et conteste : saisis la commission de recours amiable () de ta CPAM dans un délai de 2 mois, puis le tribunal judiciaire (pôle social).
- en cas de désaccord médical (taux d'incapacité, consolidation), demande une expertise médicale ou saisis la commission médicale de recours amiable.
Ton employeur refuse de déclarer l'accident :
- tu peux déclarer toi-même l'accident à la CPAM dans un délai de 2 ans. Conserve toutes les preuves (témoignages, certificat médical).
Tu gardes des séquelles :
- à la consolidation, la CPAM fixe ton taux d'incapacité permanente : indemnité en capital si le taux est inférieur à 10 %, rente viagère s'il est d'au moins 10 %.
- si ton état réduit durablement ta capacité de travail, vérifie aussi tes droits à la Demander la pension d'invalidité de la Sécurité sociale.
Tu compares avec un arrêt maladie classique : les règles d'indemnisation diffèrent — voir la Arrêt de travail — être indemnisé pendant un arrêt maladie (carence de 3 jours, taux de 50 %).
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